Modélisation économique : internalisation des externalités

Ecrit par spagano sur . Publié dans Analyse de la valeur, Externalités, Management environnemental, Modèles économiques, Remédiation, Substituabilité

l’approche conventionnelle actuelle de la question environnementale dans le paradigme néoclassique vise à tenter de digérer en partie les préoccupations écologiques dans le modèle de « libre-échange ».

C’est la théorie la plus couramment répandue, qui reste dans la représentation du marché classique avec une valeur monétaire de tous les biens et de tous les services. Ainsi, le marché dans lequel les agents échangent des biens et des services contre une partie monétaire, est considéré comme le meilleur système d’allocation de ressources. Les problèmes d’externalités sont vus simplement comme une sorte de défaillance du système car il y a une contre partie interne aux enjeux externes et le système s’adapte selon un principe d’autopoïese (Griethuysen 2011).

On s’efforce d’internaliser les externalités, on identifie et cerne le dommage par la modélisation économique, avec une intervention de l’état comme dans le principe du pollueur payeur. C’est sur cette base que sont conçus la plupart des Systèmes de Management Environnementaux (SME) qui tendent à évaluer les dégâts et éventuellement prévenir les risques en intégrant les facteurs dans les comptabilités des entreprises et des états, avec une approche classique quantitative (indicateurs), éventuellement prospective (risque) et de valorisation financière.

Parmi les problèmes de cette théorie, il y a la complexité à modéliser les externalités et l’impossibilité temporelle de les évaluer : comment décrire et généraliser les différents acteurs dans le temps sur un marché, comment les générations actuelles peuvent-elles négocier avec leurs futurs petits enfants victimes de leurs choix pour évaluer financièrement le coût « optimal » ?

Le modèle fait appel à la notion de coût total et propose une fiscalité écologique pour inciter les agents à réduire les impacts, et à l’internalisation des éléments externes. Il propose également comme on l’a vu précédemment, d’étendre la sphère d’influence de la propriété en donnant par exemple un droit à l’air pur aux populations qui pourraient ensuite se retourner contre les pollueurs.

Une des réponses apportées aux limites environnementales est de limiter la quantité de pollution à une quantité globale, c’est le principe du marché des droits à polluer « cap and trade » du soufre, et du marché du carbone.

La question restant : qui fixe, et selon quels critères, ce qui est acceptable ?

VAN GRIETHUYSEN Pascal (2011), séminaire Soutenabilité et économie : de l’économie environnementale à l’économie écologique jusqu’aux différentes approches de l’écoéconomie. [VertigO] et Institut des sciences de l’environnement/UQAM. [en ligne].

spagano

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