Économie écologique et écologie industrielle

Ecrit par spagano sur . Publié dans Analyse de la valeur, Écologie industrielle, Externalités, Gestion des ressources, Management environnemental, Remédiation, Ressources non renouvelables, Ressources renouvelables, Soutenabilité faible, Soutenabilité forte

L’Économie écologique considère que l’ensemble des activités économiques font partie de l’environnement. Le système économique transformant des ressources en déchets, cette approche évalue les processus et leurs impacts éventuels sur les ressources naturelles et les déchets, en se basant sur une approche scientifique : les instruments de cette approche sont la quantification des processus chimique et biophysique.

Dans ce modèle, la nature est intégrée dans le raisonnement économique et l’environnement change la nature même de l’économie.

Cette approche est à l’origine de l’écologie industrielle, qui modélise des systèmes fermés, selon un raisonnement que l’on peut appliquer à l’échelle d’une ville, d’une région, d’une activité ou d’un produit, principe que l’on retrouve dans l’Analyse de Cycle de Vie.

L’économie écologique fait appel à la notion de stock non renouvelable, qui connaît une déplétion irrémédiable et qu’il faut donc exploiter de manière optimale (écologie industrielle), et de stock renouvelable qu’il faut exploiter de manière maximale en tenant compte de sa capacité de renouvellement. Cette approche qui s’appuie sur les lois de la thermodynamique va compléter l’étude des deux concepts qui s’opposent : la soutenabilité dite faible, et la soutenabilité dite forte.

Modélisation économique : internalisation des externalités

Ecrit par spagano sur . Publié dans Analyse de la valeur, Externalités, Management environnemental, Modèles économiques, Remédiation, Substituabilité

l’approche conventionnelle actuelle de la question environnementale dans le paradigme néoclassique vise à tenter de digérer en partie les préoccupations écologiques dans le modèle de « libre-échange ».

C’est la théorie la plus couramment répandue, qui reste dans la représentation du marché classique avec une valeur monétaire de tous les biens et de tous les services. Ainsi, le marché dans lequel les agents échangent des biens et des services contre une partie monétaire, est considéré comme le meilleur système d’allocation de ressources. Les problèmes d’externalités sont vus simplement comme une sorte de défaillance du système car il y a une contre partie interne aux enjeux externes et le système s’adapte selon un principe d’autopoïese (Griethuysen 2011).

On s’efforce d’internaliser les externalités, on identifie et cerne le dommage par la modélisation économique, avec une intervention de l’état comme dans le principe du pollueur payeur. C’est sur cette base que sont conçus la plupart des Systèmes de Management Environnementaux (SME) qui tendent à évaluer les dégâts et éventuellement prévenir les risques en intégrant les facteurs dans les comptabilités des entreprises et des états, avec une approche classique quantitative (indicateurs), éventuellement prospective (risque) et de valorisation financière.

Parmi les problèmes de cette théorie, il y a la complexité à modéliser les externalités et l’impossibilité temporelle de les évaluer : comment décrire et généraliser les différents acteurs dans le temps sur un marché, comment les générations actuelles peuvent-elles négocier avec leurs futurs petits enfants victimes de leurs choix pour évaluer financièrement le coût « optimal » ?

Le modèle fait appel à la notion de coût total et propose une fiscalité écologique pour inciter les agents à réduire les impacts, et à l’internalisation des éléments externes. Il propose également comme on l’a vu précédemment, d’étendre la sphère d’influence de la propriété en donnant par exemple un droit à l’air pur aux populations qui pourraient ensuite se retourner contre les pollueurs.

Une des réponses apportées aux limites environnementales est de limiter la quantité de pollution à une quantité globale, c’est le principe du marché des droits à polluer « cap and trade » du soufre, et du marché du carbone.

La question restant : qui fixe, et selon quels critères, ce qui est acceptable ?

VAN GRIETHUYSEN Pascal (2011), séminaire Soutenabilité et économie : de l’économie environnementale à l’économie écologique jusqu’aux différentes approches de l’écoéconomie. [VertigO] et Institut des sciences de l’environnement/UQAM. [en ligne].