Rapport – Global Risks 2013

Ecrit par spagano sur . Publié dans Adaptation, Cité, Développement économique, Gestion du risque, Indicateurs, Management environnemental, Modèles économiques, Outils, Références, Résilience, Stratégies territoriales, Supply chain responsable

Il y a quelques jours je parlais de l’incertitude, de la gestion des risques et des modèles économiques.

« Le rapport Global Risks 2013 du World Economic Forum repose sur une enquête à laquelle ont participé plus de 1 000 experts du secteur privé, du secteur public, des milieux universitaires et de la société civile, dans le but d’analyser 50 risques mondiaux.
Il en ressort que les profondes disparités de revenus constituent le risque mondial le plus susceptible de se concrétiser au cours de la prochaine décennie, et que la défaillance majeure du système financier est le risque dont les effets seraient les plus marquants s’il se matérialisait. Quant aux déséquilibres budgétaires chroniques et à la crise de l’approvisionnement en eau, ils figurent parmi les cinq risques les plus susceptibles de se concrétiser et dont les effets seraient les plus marquants la fois. »

 

Rapport spécial : La résilience nationale face aux risques mondiaux.

Cette année, le Rapport spécial aborde la question difficile de savoir comment un pays devrait se préparer face à un risque sur lequel il n’a apparemment aucun contrôle ou aucune influence. Une approche possible repose sur la « pensée systémique » et l’application du concept de résilience au niveau des pays. Le rapport présente cinq composantes de la résilience robustesse, présence de solutions de rechange, capacité à trouver de nouvelles solutions, capacité à réagir, et rétablissement et qui peuvent être appliquées à cinq sous-systèmes des pays : économie, environnement, gouvernance, infrastructures et aspects sociaux.
Il en résulte un outil de diagnostic qui permet aux décideurs d’évaluer et de contrôler la résilience nationale face aux risques mondiaux.

Même si ce rapport spécial se veut conçu selon une approche systémique, il y manque encore beaucoup d’éléments pour mesurer la fragilité et la résilience des territoires. Mais c’est déjà bien de voir que le concept de résilience fait son entrée à ce niveau de gouvernance, dans un rapport global qui pose assez bien les enjeux globaux (à l’échelle macro) auxquels nos territoires et nos économies doivent se préparer. Saurons nous changer de modèle ?

globalrisk_2013

Extrait du sommaire

    Section 2

  • Testing Economic and Environmental Resilience
  • Digital Wildfires in a Hyperconnected World
  • The Dangers of Hubris on Human Health

Section 3

  • Special Report: Building National Resilience to Global Risks

De l’incertitude et des modèles économiques…

Ecrit par spagano sur . Publié dans Compensation, Éco-responsabilité, Énergie, Externalités, Gestion du risque, Industrie, Modèles économiques, Prospective, Remédiation

L’article de Marianne « Le vrai prix d’un accident nucléaire » commence à poser le début d’une bonne question…

J’ai pour habitude d’introduire auprès de mes étudiants la gestion du risque environnemental de la façon suivante :

« Quelle est l’estampe Japonaise la plus célèbre au monde ? »

Cette question s’est trouvée brûlante d’actualité lors des événements qui se sont déroulés, et dont les conséquences incommensurables vont perdurer quelques milliers d’années encore à Fukushima. En effet, la question autour de l’estampe pose le problème de la gestion du risque de manière simple.

Quand on prend un risque d’accident technologique (le risque zéro n’existant pas), la question est de savoir :
– Un, que fait on quand l’accident se produit effectivement ?
– Deux, qui accepte, assume, cette prise de risque (la question du coût étant sous-jacente) ?

Ainsi, entendre les gens de TEPCO dire qu’ils n’avaient pas imaginé qu’un Tsunami de plus de 6 mètres puisse submerger la zone (sismique)sur laquelle ils ont bâti une centrale nucléaire relève au mieux de la méthode Coué, de l’incompétence dans ce cas compte tenu du sujet traité, au pire, de la mauvaise foi. L’histoire du Japon, mais du monde en général (les traces de Tsunamis ayant ravagé les côtes du monde entier ne sont pas si anciennes), montre que c’est une certitude, un raz de marée pouvant atteindre allègrement les 60 mètres peut toucher n’importe quelle côte, n’importe quand…


Bien sûr, La Grande Vague de Kanagawa d’Hokusai ne représente pas un Tsunami mais un paysage avec une vague d’environ 16 mètres dans une tempête… J’utilise ici « La Vague » pour « imager » le fait que la mer, ses tsunamis, sont totalement intégrés dans la culture japonaise. Au même titre que les pollutions nucléaires et leurs conséquences au travers de GodZilla…

En regardant les pathétiques images de pompiers héroïques tentant de refroidir des piscines de combustible MOX usagé avec des camions incendies bricolés en urgence au dernier moment (quelle préparation !), on se prend à imaginer comment en France nos tout puissants ingénieurs ont intégré tous ces risques dans leurs modèles :
Quels scénarios ils ont préparé et quels scénarios ils ont exclu, quels moyens ils ont prévu, quels budgets etc.

Dans les cours, cela soulève toujours des débats incroyables et passionnants : Entre ceux qui ont une foi dogmatique en la technologie et ceux qui envisagent le pire. Ce serait croquignolesque si ce n’était dramatique. Car la question sous-jacente est la suivante :

Si l’on se représente la France et ses 58 tranches, a-t-on jamais posé clairement aux Français la question de savoir s’ils acceptaient qu’un quart de la France puisse être contaminé, inhabitable, éventuellement pour des milliers d’années, en cas d’accident majeur dans une seule tranche ? Parce que c’est comme ça que la question doit être posée, que l’on soit « pour » ou « contre » l’électro-nucléaire, la question peut être posée aussi simplement que cela : Qui est d’accord pour prendre ce risque, et que fera-t-on s’il se produit, qui va assumer ?


Carte issue de l’article « Comment les centrales nucléaires françaises font face aux risques naturels ? » ©lemoniteur.fr

On touche ici la question des modèles, des externalités et de l’incertitude dans notre modèle économique actuel.

Économie néoclassique de l’environnement :

« Les théorèmes [économiques] sont basés sur des choix philosophiques et politiques. Ces modèles sont en outre incapables de traiter de manière adéquate les problèmes de l’incertitude des modèles eux-mêmes et des questions de l’irréversibilité (destruction, pollutions, disparitions d’espèces etc.).

Le risque écologique est en partie quantifiable et modélisable, mais l’incertitude en terme écologique ne l’est pas. »

Ainsi, « On s’efforce d’internaliser les externalités, on identifie et cerne le dommage par la modélisation économique, avec une intervention de l’état comme dans le principe du pollueur payeur. C’est sur cette base que sont conçus la plupart des Systèmes de Management Environnementaux (SME) qui tendent à évaluer les dégâts et éventuellement prévenir les risques en intégrant les facteurs dans les comptabilités des entreprises et des états, avec une approche classique quantitative (indicateurs), éventuellement prospective (risque) et de valorisation financière.

Parmi les problèmes de cette théorie, il y a la complexité à modéliser les externalités et l’impossibilité temporelle de les évaluer : comment décrire et généraliser les différents acteurs dans le temps sur un marché, comment les générations actuelles peuvent-elles négocier avec leurs futurs petits enfants victimes de leurs choix pour évaluer financièrement le coût « optimal » ?

Alors quel sera le vrai coût et qui va, tôt ou tard, l’assumer ?

 

Livre : Il y aura l’âge des choses légères

Ecrit par spagano sur . Publié dans Éco-conception, Éco-socio-conception, Éco-technologies, Économie de fonctionnalité, Énergie, Innovation, Livres

wpid-age_des_choses_legeres-2011-01-5-12-56.gif Sous la direction de Thierry Kazazian, « Il y aura l’âge des choses légères » est un véritable manifeste qui questionne notre monde quotidien. Il pose clairement, de manière simple et originale la question du design et de la vie de nos objets quotidiens.
Après un historique rapide sur l’utopie moderniste, ce livre aborde successivement les questions d’interdépendance globale, de temps et de durabilité, de cycles et d’écosystèmes et d’optimum. Il apporte des propositions originales et créatives, en terme de produits et de services.
Eau, alimentation, énergie, habitat, mobilité, sport, multimédia sont pris en exemple pour proposer de nouvelles approches. Obsolescence, écosystèmes industriels, flux, valorisation amélioration continue, optimum… et légèreté ! Un livre qui en quelques pages remplace bien des ouvrages indigestes. Vive la légèreté.
Kazazian, Thierry. Il y aura l’âge des choses légères. Design et développement durable. Paris: Victoires, 2003.

Le paradigme économique actuel

Ecrit par spagano sur . Publié dans Croissance, Économie, Gestion des ressources, Histoire, Macro-économie, Marchés, Modèles économiques, Polis, Précarité, Richesse, Société, Théories économiques

Les principes de base de la production de richesses, par le travail, et leur répartition équitable ou non est longtemps restée simple dans l’histoire de l’humanité.

Du moyen âge jusqu’aux alentours du XVIe siècle, les divers systèmes économiques ont principalement été basés sur des principes féodaux. Il faudra attendre le XVIIe siècle et l’école Mercantiliste pour qu’apparaisse la première forme de science sociale dédiée à l’étude et à l’interprétation des mécanismes économiques. Dès le départ, il a été question « d’économie politique » (Ricardo 1821) et non de « science économique », ce qui traduit bien le fait que l’économie n’est pas une science naturelle ou exacte, mais bien une science sociale.
Le système féodal de l’Europe médiévale, dans lequel les travailleurs agricoles travaillent pour une aristocratie qui possède les terres, est la première forme du système économique qui prédomine aujourd’hui : le capitalisme.

Le système féodal va céder la place à une évolution particulière du capitalisme suite à une première forme rudimentaire de mondialisation : par le commerce entre les nations et la découverte de ressources par les Européens aux Amérique, les opérateurs privés ou opérants pour le compte des états vont commencer à s’enrichir, voire devenir extrêmement riche, c’est le mercantilisme. L’école mercantiliste anglaise du XVIIe siècle veut que l’empire colonial se renforce autour d’un état central puissant pour que ce dernier s’enrichisse en dégageant des excédants commerciaux.

Environ un siècle plus tard, une autre école économique apparaît en France, les physiocrates. À l’instar du sang dans le corps humain, ceux-ci décrivent la circulation des flux de richesse entre les différents secteurs économiques, agricoles et non agricoles. Ces principes sont toujours utilisés aujourd’hui concernant la circulation monétaire, mais ce sont également les premiers à avoir introduit la notion de classes sociales.

En décrivant les gains de productivité de la production manufacturière et la division du travail, en préconisant la dérégulation des marchés et l’expansion du commerce, la protection des droits de propriété des détenteurs du capital (mais pas de la propriété foncière) Adam Smith est considéré comme le père du capitalisme avec la parution de son traité sur la Richesse des nations en 1776. Il donne ainsi naissance à un courant économique appelé école classique, dans laquelle on retrouve les économistes David Ricardo, qui élabore une thèse sur la possibilité pour une nation de s’enrichir grâce au libre-échange, et Thomas Malthus, dont la thèse principale est l’obligation de maintenir les salaires des travailleurs au plus bas pour freiner la propension des classes populaires à se multiplier et absorber toute la richesse créée.

Dans la société de la révolution industrielle, particulièrement inégalitaire, ou régnait oppression et inégalité sociales, un autre économiste va apporter les fondations du socialisme : Karl Marx. Si on peut le rattacher à l’école classique, celui-ci décrit selon lui l’inutilité de la rémunération des investissements privés qui ne sont que la traduction d’un rapport social. Le profit généré par les marges sur les produits vendus ne sont selon lui qu’une autre forme d’accaparement des richesses au détriment de ceux qui créent véritablement la richesse, les travailleurs. Il décrit en particulier l’instabilité économique du système capitaliste fait d’une succession incessante de récessions et d’expansions, et la chute du capitalisme par les résistances des peuples.

C’est justement dans ce contexte, alors que les révolutions couvent partout en Europe (dont la Commune à Paris en 1871) et aux États-Unis, amenant à des réformes économiques et sociales comme le droit de vote ou les droits syndicaux, qu’apparaît un nouveau courant de pensée économique : l’école néoclassique. Les économistes de l’école néoclassique, dont Léon Walras sera le plus influent, tentent de démontrer la supériorité morale et technique de l’économie de marché, en centrant leur approche sur les individus plutôt que sur les classes sociales, et en proposant la possibilité de points d’équilibre sur les marchés, notamment l’équilibre général walrassien.

Une grande particularité de l’école néoclassique, vision sociale et politique et non science exacte, est d’avoir construit tout un édifice théorique basé sur des postulats et des axiomes, en créant des modèles mathématiques décrivant ces théories mais souvent présentés comme des démonstrations mathématiques. C’est un point important car l’école néoclassique a profondément marqué la « culture économique » contemporaine, et nous vivons dans une société qui, alors que s’amoncellent autour de nous les effets néfastes et les défauts de ces théories, une sorte de doxa pseudo-scientifique continue de faire de ces théories les bases dominantes dans l’édification des modèles économiques contemporains.

Encore enseignés de nos jours comme bases théoriques des modèles de développement à suivre et comme bases d’analyse de la plupart des approches économiques, les principaux postulats néoclassiques sont les suivants :

– Les individus naissent dotés de facteurs de production (capital, capacité de travail, créativité) et sont dotés préférences qui leur permettent de faire des choix.
– Les technologies sont les moyens par lesquels sont satisfaits les besoins des individus.
– Le marché, assure la répartition optimale des échanges des facteurs de production, des biens et des services, afin de satisfaire les besoins des consommateurs.

Ces théories néoclassiques supposent un certain nombre de prédispositions qui n’ont jamais existé et qui n’existeront sans doute jamais dans l’histoire de l’humanité :
Rationalité parfaite de tous les acteurs (producteurs, consommateurs, intermédiaires, états etc.) ;
État de concurrence parfaite, libre et non faussée (où il n’y aurait aucune distorsion, pression, entente, détournement, dumping etc.) ;
Et enfin, une information complète de tous les acteurs sur l’ensemble des processus.

Même si cette approche de l’économie reste largement dominante dans le monde et a donné lieu à des évolutions monétaristes à la fin des années 1970, comme les « nouveaux néoclassiques » qui vont déréguler totalement les marchés mondiaux et les systèmes financiers, une légère tentative de modération a été introduite dans le capitalisme dans les années 1930 : le keynésianisme. Celui-ci préconise l’intervention des états dans le but de soutenir les acteurs économiques et d’assurer le maintien d’un niveau d’emploi pour éviter la chute de la consommation.

Notre modèle actuel de développement

Ecrit par spagano sur . Publié dans Consommation, Croissance, Développement économique, Humanité, Marchés, Mécroissance, Modèles économiques, Polis, Société, Théories économiques

Lors de son discours sur l’état de l’Union le 11 janvier 1944, le président des États-Unis, alors en guerre, Franklin D. Roosevelt, suggéra que la nation américaine devait ajouter une seconde Déclaration des droits dans la constitution des États-Unis car selon lui, les droits politiques garantis par la constitution et la Déclaration des droits s’étaient « montrés inadéquats pour assurer l’égalité dans la poursuite du bonheur ». Il proposa donc de créer une déclaration des droits économiques qui garantiraient un emploi avec un salaire décent, la préservation de la liberté contre les distorsions de compétition et les monopoles, un logement, une assurance-maladie, le droit à une éducation publique et une sécurité sociale.

En juin 1962, paraît aux États-Unis dans The New Yorker une série d’articles qui seront réunis plus tard dans un livre qui va culminer dans les ventes de livres pendant plusieurs semaines. Silent Spring, écrit par une naturaliste, Rachel Carson, évoquait un printemps silencieux durant lequel il n’y aurait plus d’oiseaux qui chantent. L’auteur évoquait les conséquences des effets des pesticides sur les oiseaux, et attirait l’attention des lecteurs sur la pollution de l’environnement par les pesticides. Plus encore, Rachel Carson pointait la politique délibérée de désinformation de l’industrie pétrochimique et le comportement conciliant des autorités publiques vis-à-vis de cette industrie, contre l’intérêt général de ses concitoyens.

Pourquoi parler ici de ces prises de position américaine ?

Le 18 mars 1968, Robert F. Kennedy dans un discours sur la politique générale des États-Unis à l’université du Texas déclara 27 ans après le discours sur l’état de l’Union du 11 janvier 1944 de Franklin D. Roosevelt, que dans un pays qui avait un PIB de 800 milliards de dollars, certains enfants du Mississippi marchaient nus dans les rues, le ventre gonflé par la malnutrition et la peau ravagée par les signes de la faim et de la pauvreté. Il décrivit le PIB comme un indicateur qui « compte la pollution de l’air, la publicité pour les cigarettes, et les ambulances pour nettoyer le carnage des accidents sur les autoroutes. Il compte la destruction de la forêt (…) le napalm et la fabrication de têtes nucléaires (…) les programmes télévisuels qui glorifient la violence pour vendre des jouets à nos enfants ».

À cette époque appelée si injustement « trente glorieuses », par l’économiste français Jean Fourastié en 1979 pour désigner les trente années de forte croissance économique, de « plein-emploi et d’essor de la consommation », l’Amérique et son modèle de développement, ses théories économiques, s’imposaient au monde « libre ». La formidable machine manufacturière mise en œuvre pour produire l’effort de guerre, confortée par des réserves en or considérables reçues en compensation de ses engagements militaires dans le monde et de la vente de ses biens et de ses services, des ressources énergétiques disponibles et peu coûteuses, conférait aux États-Unis une toute puissance que seul le bloc soviétique lui contestait.

Pendant la seconde guerre mondiale, la majorité des actifs productifs, financiers, humains, a été réquisitionnée par le gouvernement américain au titre de l’effort de guerre3. Les États-Unis se sont transformés en une immense machine de production conçue pour produire en masse véhicules, équipements, aliments, technologies énergétiques, matériaux, destinés à construire une capacité militaire écrasante, nécessaire compte tenu de ses engagements simultanés en Europe, en Asie et dans le Pacifique, à la fois comme fournisseur pour les alliés en guerre, puis en tant que pays engagé lui-même militairement.

À la fin de la guerre, le pays qui n’avait pas eu à subir de destructions massives sur son propre territoire, n’a pas eu à se reconstruire. L’Europe et l’Asie en revanche, particulièrement touchés par les destructions et les combats, étaient entièrement à reconstruire. Pour éviter de mettre à l’arrêt son industrie, et de fait, mettre au chômage des dizaines de millions de ses citoyens, le gouvernement américain a poursuivi une politique incitative de consommation intérieure, en terme d’aménagements, d’infrastructures publiques et d’équipement des ménages, en s’appuyant à la fois sur ses réserves financières et sur le crédit.

Le marché interne était limité face à la capacité de production américaine, alors que le reste du monde était à reconstruire, il suffisait aux États-Unis de financer la reconstruction européenne et asiatique en contrepartie toutefois d’une dérégulation des accès à leurs marchés, pour disposer d’un marché mondial capable d’absorber la production américaine.