RSE, ISO 26000 et certification…

Ecrit par spagano sur . Publié dans Chaîne de valeur durable, Création de valeur durable, Innovation, Labels, Redevabilité, Résilience, Responsabilité sociétale

Il Y a quelques jours, je me suis fendu d’une remarque un peu piquante sur LinkedIn suite à un article paru dans sur le site Internet de Les Echos, intitulé « Enjeu 2013 de la RSE : l’innovation en soutien à l’amélioration de la performance de l’entreprise ».
 

L’article commençait ainsi :

Le challenge pour les années à venir consiste à dépasser la seule communication de la RSE de l’entreprise, et de pouvoir agir sur les processus internes et la chaîne de valeur de l’organisation » observe Gilles Vermot-Desroches, Directeur développement durable, Schneider Electric. « L’objectif du développement durable au sein de l’entreprise consiste à changer ses modes opératoires pour y inclure les enjeux RSE dans ses composantes. Il s’agit de transformer l’entreprise.

 
Ma réaction avait alors été :

C’est bien… Mais on croit rêver… Les armées de consultants et de communicants découvrent la roue, et il faut que ce soit un « grand quotidien » économique qui l’écrive pour que ça devienne crédible.
L’appropriation et la mise en œuvre des principes de la RSE interrogent forcément la stratégie et la chaîne de valeur de l’entreprise pour l’accompagner à créer et développer de nouveaux modèles de création de valeur, à long terme, c’est justement ça tout l’intérêt de la démarche (…) Ceux qui faisaient commerce du greenwashing découvrent, des années après, le potentiel de la RSE…

 
Cette confusion entretenue par des vendeurs de certification nous a fait perdre un temps précieux vers une indispensable transition vers des modèles économiques réellement soutenables.
 

Là où le bas blesse, c’est que l’on retrouve cette confusion jusque dans les articles de recherche, et pas n’importe où, jusque dans une revue classée 3 selon le classement de la FNGE, donc avec un comité scientifique tout de même conséquent.

En effet, dans le Numéro 2 du Volume 17 de la revue « Management International », se trouve un article certes très intéressant mais qui entretien lui aussi cette confusion et opacifie encore davantage la visibilité et l’importance de démarche RSE comme celle de l’ISO 26000 :

L’article, intitulé « Comment Identifier les parties prenantes dans une certification RSE ? » par Manal El Abboubi, se base sur deux études de cas de certification sur la base de la SA8000.

Ce qui « fait mal », c’est de lire :

«Revue de littérature

La certification RSE : spécificité et enjeux

(…) Les standards tels que la SA8000, le label social belge, l’ISO 26000 (…) »

 
Entendons nous bien, c’est très bien que des labels et des certifications RSE se créent et fassent l’objet de standardisation, d’outils, que des consultants accompagnent les entreprises, que celles-ci puissent faire, rendre compte et faire savoir pour créer de la valeur, et que dans un souci de cohérence, certains s’appuient sur l’ISO 26000 pour cela. Pourquoi pas.
 

Mais l’ISO 26000 n’est pas certifiable !
Ce n’est pas son objectif, et il est primordial de le dire et de le redire.

L’ISO 26000 est justement un OUTIL, formidable, pour se poser des questions, pour intégrer réellement la pensée complexe du développement soutenable dans les organisations… Pour le management, pour l’innovation, pour l’anticipation, pour la création de valeur, pour de nouveau modèles économiques, pour interroger le model de création de valeur, de quelle valeur on veut parler, sur le fonctionnement de la chaîne de valeur etc.

Elle n’a pas été conçue pour être certifiable :

Extrait de « Lignes directrices relatives à la responsabilité sociétale » :

« Cette Norme internationale fournit des lignes directrices aux utilisateurs et n’est ni destinée ni appropriée à des fins de certification. Toute offre de certification, ou prétention de certification selon l’ISO 26000 serait une mauvaise représentation de l’intention et de l’objectif de cette Norme internationale. »

 
 

Livre : Les indicateurs financiers du développement durable

Ecrit par spagano sur . Publié dans Indicateurs, Livres, Management, Responsabilité sociétale, Soutenabilité faible

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Sous un discours austère et avec des approches plutôt orientées « soutenabilité faible », cet ouvrage a le mérite de structurer l’approche développement durable dans le management de l’entreprise. Ce n’est pas vraiment un guide pour la création de tableaux de bord ou d’indicateurs originaux, et les méthodes de management ne sont pas toujours très adaptées, surtout au regard de l’actuelle ISO 26000.

Toutefois, il apporte une vision synoptique du développement durable dans l’entreprise, avec notamment une approche en trois temps (gérer le passé, le présent et le futur), avec pour chacun de ces temps, des outils par étape dans la progression dans le temps. Son autre point fort est de bien démontrer l’impact futur pour la valeur (de reprise ou d’adaptation aux nouvelles contraintes légales) d’une entreprise qui aurait négligé l’environnement et le social dans le passé… Études de cas à l’appui.

Dans ma bibliothèque :
Les indicateurs financiers du développement durable, Paul de Backer, Édition d’organisation, juin 2005.